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Il y a surtout des jours sans. [Katniss]

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Peeta Mellark

district 12
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MessageSujet: Il y a surtout des jours sans. [Katniss] Jeu 12 Juil - 22:32

Il y a surtout des jours sans.


Les bras chargés de pains en tout genre, je rentrai dans ce qui était à présent notre maison. Pas que nous ayons officiellement emménagé ensemble, mais depuis quelques temps je passai bien plus de temps chez elle que chez moi. Une délicieuse odeur envahissait la maison, émanant de la cuisine de Sae Boui-Boui, qui était encore là lorsque j'y arrivai pour y déposer le fruit de mon travail. D'ordinaire peu souriante mais plutôt chaleureuse, je fus surpris de la voir dans cet état, sermonnant gamelles et casseroles qu'elle nettoyait à une allure impressionnante, les faisant chaque fois claquer en les déposant sur le plan de travail avant d'en prendre une autre.
- Peeta ! Et ben c'est pas trop tôt ! Pas bougé de la journée, pas même pour manger ! Comment veux-tu que je m'en occupe si elle veut pas de moi, tu peux me le dire ? Elle bouge pas, elle mange pas, elle parle pas... Si je ne l'avais pas vu cligner des yeux de temps en temps, j'aurai juré qu'elle était morte, cette petite idiote ! Va donc la raisonner, que je ne vienne pas pour rien demain... Oh, et dis lui que si elle a faim maintenant, il y a du ragout prêt à être réchauffé.
Et sur ces douces paroles, je l'ai vu jeter un torchon sur la table de la cuisine, enfiler son manteau et partir, ronchonnant encore de sa journée en solitaire.

Après être resté quelques secondes immobile, interloqué, je montai à présent les marches menant à sa chambre, quatre à quatre, sans prendre la peine de me faire discret. Lorsque j'ouvris la porte, elle était là, allongée sur son lit, immobile. Je suis resté là, tenant toujours la poignée de la porte durant quelques secondes, attendant qu'elle lève la tête vers moi et me demande de venir la prendre dans ses bras. Elle n'en fit rien. Comme venait de me le dire Sae Boui-Boui, seules ses clignements de paupières témoignaient d'une Katniss toujours en vie. Les bonnes manières n'étant plus de mise lorsqu'il s'agissait de Katniss, je suis entré dans la chambre et me suis approché d'elle à pas mesurés, avant de m'assoir à ses côtés. Son regard était vide, elle semblait ne plus pouvoir bouger, ne plus vouloir bouger. Lui caressant la joue, je m'allongeai tout contre elle, et passai un bras autour de ses épaules pour la serrer contre moi, comme je le fais la nuit quand elle fait un cauchemar, comme je le fais toutes les nuits. Et je suis resté là, à la serrer fort contre moi, à attendre qu'elle m'explique. Cinq, dix, vingt minutes, peut-être plus. Et puis je le lui ai demandé. Parce-que finalement, elle ne répond qu'aux questions qu'on lui pose. Et ça je le sais pourtant, mais être tout contre elle est tellement plaisant. Le soleil couchant éclairant la chambre d'une douce lumière orangée, nous serions bientôt plongés dans le noir. M'appuyant sur un coude, je me remis à lui caresser la joue, tendrement, avant de lui demander d'une voix douce,
- Katniss ? Il s'est passé quelque chose depuis mon départ ce matin, réel ou pas réel ?
Ce jeu du réel ou pas réel était devenu automatique, je n'arrivai plus à poser une question normalement. Je me sentais mal de ne plus savoir demander, simplement demander, plutôt que d'affirmer et demander, en attendant une explication logique. La moindre réponse bateau, et je pouvais avoir une crise, un épisode peu contrôlable. Mais là il s'agissait de Katniss, alors il ne fallait pas que ça recommence. C'était il y a longtemps maintenant, mais je m'en souviens, je me suis juré de veiller sur elle. Alors je suis là, allongé tout contre elle, à lui caresser la joue, à veiller sur elle.

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Katniss Everdeen

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MessageSujet: Re: Il y a surtout des jours sans. [Katniss] Ven 13 Juil - 16:52


Il y a surtout des jours sans.

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Il y avait des jours avec. Des jours où Peeta était là et c'était tout ce qui importait dans mon monde. Des jours où je me surprenais en train de sourire, comme-ci c'était encore possible que ma bouche s'étire de la sorte. Une fois, j'avais même... Non. Non, ça n'était pas arrivé, mais ça avait failli. J'avais manqué de rire. Un jour particulier où Peeta avait été là pour moi toute la journée. Nous nous étions promenés, nous nous étions assis l'un contre l'autre pour regarder le temps qui passe, la nature qui bouge et Buttercup était tombé d'une chaise en s'étirant. J'avais presque ri, mais ce rire s'était étranglé dans ma gorge et l'une comme l'autre de ses actions s'était passé contre mon gré, sans que j'y réfléchisse. C'était le soir, en me couchant, que j'avais réalisé que j'avais failli rire et j'avais découvert avec surprise que rire un jour, rire vraiment, serait peut-être possible. Rire n'était peut-être pas mort avec Prim.

Il y avait les jours avec. Et il y avait les jours sans. Ses jours où chaque respiration était difficile. Où ouvrir les yeux relevait de l'exploit. Où je n'étais même pas sûr d'être capable de lutter encore une seconde de plus. Aujourd'hui était un jour sans. Ça avait pourtant commencé avec ou tout du moins sans grand mal. Je m'étais levé en même temps que Peeta. Parce que je n'aimais pas dormir sans lui. Mais j'étais si fatigué, que j'avais fini par me recoucher. Je voulais juste tenter de dormir quelques minutes de plus. Cinq minutes, les cauchemars n'auraient pas dû revenir. Mais ça n'était pas mon esprit, mais cette infâme réalité, qui avait tout déclenché.

M'enfuir ailleurs, tomber en léthargie, c'était tout ce qui avait pu me sauver de cette vague déferlante et glacée. J'avais juste eu la force de me glisser dans mon lit, m'enroulant de ma couette pour ne pas mourir de froid, serrant mes bras autour de ma poitrine dans l'espoir de préserver mon cœur, de le calmer, mais rien n'y avait fait. L'oubli, la léthargie, c'est tout ce qui avait pu me sauver. Et cette pauvre Sae Boui Boui en avait subi les frais, affrontant une Katniss immobile, incapable de bouger, de parler, de respirer correctement, même. La pauvre, s'échina toute la journée à me faire bouger, sans succès. Elle avait fini par abandonner, écument sa rage dans la cuisine.

J'entendis Peeta arriver, mais ne le vit pas, lui tournant le dos, toujours figée dans ma bulle. J'avais envie de mourir, pas d'être sauvée une fois de plus par Peeta. Pourquoi être sauvée ? Pour que la vague revienne ? Pour qu'elle me ballote encore plus férocement sur les rives de cette arène où j'avais tout perdu ? Je voulais mourir et pendant une seconde, je le détestais, pour passer ainsi ses bras autour de moi pour essayer de me sauver. Les minutes passèrent avant que l'un de nous ne bouge, mon corps se réchauffant au contact du sien, mon cœur se calmant lentement, très lentement, alors que l'odeur de cannelle et de pain envahissait mon espace vital. Il avait fini de sortir tout récemment des pains du four et il avait porté le fruit de son labeur jusqu'à la maison. C'était la seule raison pour qu'il sente de cette façon, plus fortement que d'ordinaire, tout du moins.

« Katniss ? Il s'est passé quelque chose depuis mon départ ce matin, réel ou pas réel ? », me demanda Peeta d'une voix douce. Pour la première fois depuis ce matin, je bougeais légèrement à cette question, cette ritournelle de logique et de recherche du réel qui guidait nos vies. Un bref mouvement, un hochement de tête et il me fallut toute la force du monde pour réciter mentalement la seule chose qui me permettait de remettre mes idées en place, aussi sûrement que le jeu du « réel, pas réel » aidait Peeta. Je m'appelle Katniss Everdeen, j'ai dix-sept ans, je vis au district 12, j'ai conduis Panem à la révolte, le Capitole m'a exilé, ma petite soeur Prim est mort, je le vis mal, très mal, Peeta s'inquiète pour moi. « Réel », murmurais-je. Ma mère m'a fuis, mon meilleur ami a tué ma petite soeur... non, il a malencontreusement créé le piège qui a tué ma soeur, Peeta est là pour moi, il est toujours là pour moi. « J'ai voulu... j'ai voulu ranger le plaid qui était sur le canapé et dans le placard il y avait... un manteau de Prim... », ma voix se brisa, alors que je bougeais mes bras raidit par l'immobilité. Ca faisait mal, tant de gestes après autant de temps sans bouger, mais je m'en fichais. Mes doigts agrippèrent le bras de Peeta et ce fut tout ce qui comptait. Sentir sa présence, pour éloigner la vague qui menaçait de m'envahir à nouveau. J'avais tendance à mal réagir quand je tombais malencontreusement sur des affaires de Prim, sans y être préparé. Je refusais de jeter ses affaires, sauvées miraculeusement des flammes, comme le reste du village des vainqueurs, ou rapportées par train du district 13 depuis mon retour au 12.

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« En regardant ma petite sœur, je me disais qu'elle avait hérité des plus belles qualités de la famille : le talent de guérisseuse de ma mère, le sang-froid de mon père, et ma combativité. Je voyais autre chose en elle, qui lui appartenait en propre. Cette capacité à démêler l'écheveau de l'existence et à voir les choses telles qu'elles le sont... Puis peu à peu, je fus bien obligée d'accepter ce que j'étais. Une fille gravement brûlée, qui n'avait pas d'ailes. Pas de flammes. Et plus de sœur. »

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MessageSujet: Re: Il y a surtout des jours sans. [Katniss] Sam 14 Juil - 17:50

Un jour sans, voilà ce que je pensai en cet instant. Un autre jour sans, comme quasiment tous les jours de la semaine. Je faisais tout mon possible pour que chaque jour se transforme en jour avec, mais moi aussi j'avais des jours sans. Et comment pouvais-je lutter contre alors qu'elle était dans la même phase que moi, plus souvent encore que je ne l'aurai voulu ? J'étais son pilier, je ne pouvais pas me dérober.

Sa voix rauque me surpris lorsqu'elle tenta enfin de m'expliquer ce qu'il s'était passé. Mais elle n'avait pas parlé de toute la journée, plus même car il ne me semblait pas qu'elle se soit réveillée la nuit dernière. Et sa voix ne pouvait qu'en être témoin. Et puis ses mots me parvinrent, je les entendis au loin, comme si moi aussi je sombrai. J'étais là, contre elle, me raidissant un peu plus à chaque instant, me coupant peu à peu du monde extérieur. Je ne compris tout d'abord pas pourquoi ses mots avaient du mal à traverser la petite bulle qui s'était formée autour de moi. Elle me parlait de Prim, d'un de ses manteaux, et puis je la senti bouger. Depuis tout ce temps passé contre elle depuis mon retour, c'était la première fois qu'elle semblait bouger, revenir un peu à la vie. Ses bras s'agrippèrent aux miens, et en un geste qui se voulait assuré mais faible, elle m'obligea à rester contre elle. Il me fallut plusieurs minutes à moi aussi avant d'ouvrir la bouche, de lui répondre. Nous étions si proches l'un de l'autre, et pourtant en cet instant il me semblait qu'elle se trouvait à des milliers de kilomètres de moi. Peut-être que la voir ainsi me faisait mal, me donnait l'impression qu'elle n'était plus là, avec moi, me laissait penser qu'elle s'en allait un peu plus à chaque fois.
- Je suis là Katniss, réel. Je suis là, réel. Je suis là avec toi, réel, réel, réel...
La serrant un peu plus fort contre moi, j’essayai de me rassurer moi-même. Il fallait que je me ressaisisse, pour elle, je devais être fort et la ramener à mes côtés, je ne pouvais pas la laisser voguer au gré de ses crises et s'éloigner ainsi. Je me devais de la rattraper.
- Je suis là, répétai-je comme pour me convaincre moi-même de ma présence dans cette pièce, Katniss, je ne te le demande pas pour moi, mais pour elle, Katniss... Viens manger un peu, je t'ai ramener du pain frais. Tu as... tu as besoin de manger, de prendre des forces...
je voulais continuer, mais ce que j'avais à lui dire l'aurait plongé dans un état de panique, j'en étais certain. Il n'y avait qu'en retrouvant mes esprits et en ne la brusquant pas que je pouvais l'aider. Me redressant un peu tout en lui laissant le loisir de pouvoir m'agripper autant qu'elle le voulait, je lui plantai un baiser sur le haut de son front. Mes lèvres y restèrent collées, comme si ce seul contact avait le pouvoir de réellement m’apaiser. La chaleur de son front picotait mes lèvres, et je restai ainsi, attendant qu'elle ne me rejette pour mes paroles, ou ne m'attire plus fort contre elle encore.

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MessageSujet: Re: Il y a surtout des jours sans. [Katniss] Dim 15 Juil - 12:16


Il y a surtout des jours sans.

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C'était loin d'être facile. Continuer de vivre sans elle, sans Prim, la seule personne que, pendant longtemps, j'avais été certaine d'aimer. Aujourd'hui, il y avait Peeta. Je l'aimais de tout mon cœur, je le savais, je le lui avais avoué, mais Prim restait ma petite sœur, la fillette que j'avais aimée comme une mère et que j'avais protégée et nourri pendant des années, au mépris de ma propre vie. Je détestais imposer ça à Peeta, lui montrer que je n'étais pas la force brut que la légende s'était échiné à faire transparaître. Katniss Everdeen, la fille du feu ayant survécu à deux Hunger Games. Le Gai moqueur, symbole d'une résistance victorieuse, qui avait affronté la perte d'un enfant, le désamour de l'homme qu'elle aimait, une balle et de multiples souffrances et blessure, sans jamais vacillé. Les gens se souvenaient de ça, parlait de ça, mais Peeta... il devait vivre tous les jours avec Katniss Everdeen, la fille de dix-sept ans qui avait affronté en quelques années plus que ce que sa santé mentale ne pouvait en encaisser. Et lui qui avait tant besoin de moi, je le laissais à son propre sort, perdu dans ses propres vagues glacées, parce que j'étais incapable de m'extraire des miennes.

Pourtant, c'est ensemble que nous affrontions tout ça. Ensemble que nous nous battions contre les vagues, pour nous sauver l'un l'autre. Je le laissais me sauver de la houle et il me laissait le sortir de là, aussi, la plupart du temps... Mettre notre fierté et notre peur de faire souffrir l'autre de côté était difficile, mais il fallait l'avouer, nous avions toujours été meilleur à deux que seul, quelque-soit le domaine de survit. Peeta me répéta qu'il était là, « réel » et je sentis à mesure que le son de sa voix changeait que c'était pour lui et non pour moi qu'il répétait cela, qu'il me serrait plus fort contre lui, sans vraiment faire attention à me faire mal ou non. Je m'agrippais plus fortement à son bras, me collant à lui, pour lui dire que j'étais là, que j'étais vraiment là, autant qu'il l'était pour moi. Alors, quand il me demanda de manger, non pas pour lui, mais pour Prim, qu'il posa ses lèvres sur mon front, se décollant un peu de moi, me permettant de bouger, je hochais la tête, me tournant complètement vers lui en lâchant son bras, pour encercler son cou de mes bras, enfouissant ma tête dans le creux de son épaule. « D'accord », murmurais-je, les paupières closes contre sa peau chaude et parfumé. « D'accord on y va... »

J'aurais voulu bouger, me lever, obéir à sa supplique, pour lui, autant que pour elle. Mais j'étais si bien dans ses bras. Je me sentais en sécurité, loin des fantômes, loin des Hunger Games, loin de la réalité. Et puis j'avais les jambes si raides à force de ne pas avoir bougé et d'être restée contractée toute la journée - je le réalisais maintenant, à mesure que mes muscles se détendaient en criant leur colère - que j'étais certaines qu'en posant mes jambes au sol, je retomberais immédiatement. Il me fallait me détendre encore un peu, si je voulais pouvoir mettre un pied devant l'autre.

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« En regardant ma petite sœur, je me disais qu'elle avait hérité des plus belles qualités de la famille : le talent de guérisseuse de ma mère, le sang-froid de mon père, et ma combativité. Je voyais autre chose en elle, qui lui appartenait en propre. Cette capacité à démêler l'écheveau de l'existence et à voir les choses telles qu'elles le sont... Puis peu à peu, je fus bien obligée d'accepter ce que j'étais. Une fille gravement brûlée, qui n'avait pas d'ailes. Pas de flammes. Et plus de sœur. »

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MessageSujet: Re: Il y a surtout des jours sans. [Katniss] Mar 17 Juil - 6:16

Relevant légèrement le menton, l'odeur du ragoût de Sae Boui-Boui me prit par les entrailles qui se mirent à crier leur colère. J'avais faim. Tout doucement, je me détachai de Katniss et commençais à me lever du lit, espérant qu'elle me suivrait, tirée de sa léthargie par la bonne odeur qui embaumait la maison. Mais elle n'en fit rien. Voyant son visage crispé et ses jambes qui tentaient de se décontracter, je compris qu'elle n'arriverait certainement pas à descendre les escaliers seule. Certes elle finirait par se lever, mais son estomac vide depuis trop longtemps maintenant la ferait vite vaciller. La regardant se démener avec son corps, je me rappelai que c'était pour ça que j'étais là. Alors je mis un bras sous ses genoux, un bras sous ses épaules et la soulevai du lit, avant de la descendre et de la poser sur le canapé du salon. Le canapé était confortable, moelleux mais sans trop, juste ce qu'il faut pour se sentir à l'aise sans avoir l'impression d'être pris au piège dans un marshmallow. Ainsi installée, elle pourrait donc se détendre, remettre un pied dans la réalité tout en avalant quelque chose.

La laissant seule quelques instants, j'allai dans la cuisine lui préparer un plateau repas. La gamelle de Sae était froide désormais, mais l'odeur toujours si alléchante, je ne pu m'empêcher d'en manger une bonne lampée avant même qu'elle ait eu le temps de se réchauffer un peu. Me retournant vers la table de la cuisine pour prendre un pain et le découper en tranche, je constatai qu'ils étaient tous là. Sae devait être tellement en colère et inquiète pour Katniss, qu'elle en avait oublié la ration habituelle qui lui était destinée lorsque je rentrai de la boulangerie.

J'étais affairé à remplir nos assiettes lorsque j'entendis les oiseaux piailler devant la fenêtre. Le soleil couchant ne laissait entrevoir que quelques rayons, à peine de quoi éclairer une pièce. Soudain je pris conscience de la période de l'année dans laquelle nous nous trouvions. Si Prim n'avait pas été tirée au sort pour être tribut, il y a deux ans de cela, je serai probablement mort, et la moisson arriverait à grands pas. Fixant l'horizon, le soleil se coucha, laissant place à une lune ronde et lumineuse. Les oiseaux avaient cessé leurs chants, laissant chouettes et hiboux hululer à leur guise.

Reprenant mes esprits, je rejoignis Katniss, le plateau en main, et le déposai sur la table basse devant le canapé.
- Ragoût et pain ! lui clamai-je en m'assaillant à ses côtés. Mais ce n'est pas n'importe quel pain, il est au fromage. J'ai réussi à en échanger à la boutique, mais je t'en ai gardé un peu. Il est très bon tout seul aussi.
Mon esprit s'embrouillait, les souvenirs m'assaillaient. Enfin, des souvenirs, ça je ne pouvais en être sûr. Mon assiette entre les mains, je m'y agrippai de toutes mes forces, comme pour me retenir à quelque chose, pour ne pas défaillir, pas ici, pas devant elle. Les yeux dans le vague, un rictus sur les lèvres, je tentai d'enfermer mes pensées dans une petite boîte, une toute petite boîte que je n'aurai plus jamais à ouvrir. Je me devais de le faire, de le faire vite même, avant qu'elle ne s'en aperçoive, avant qu'elle ne prenne peur. Mais peut-être était-il déjà trop tard. Combien de temps s'est déjà écoulé, depuis combien de temps je me tenais ainsi, mon assiette entre les mains, à lutter contre mes cauchemars ? Aucune idée, mais lorsque je repris enfin pied, je mangeai un ragoût froid.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Il y a surtout des jours sans. [Katniss] Mer 18 Juil - 19:08


Il y a surtout des jours sans.

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Peeta me prit dans ses bras pour me porter jusqu'en bas et j'enfouis ma tête dans son cou, profitant de la cannelle et de la chaleur réconfortante qu'il m'offrait. Trop tôt à mon goût, il me déposa sur le canapé du salon et m'apporta quelques longues minutes plus tard un ragoût que je l'avais vu remettre sur le feu depuis mon point d'observation. Pendant qu'il faisait réchauffer le plat concocté par Sae Boui-Boui, j'observais autour de moi. Chaque centimètre carré de la maison me rappelait douloureusement Prim. Les longues discussions que nous avions, tard le soir, après ma victoire aux Hunger Games, les batailles d'oreiller sur le canapé, que nous avions découvert en même temps que le bonheur d'avoir des oreillers, l'entrée que nous saccagions avec nos bottes pleines de neige, l'unique hiver qu'il nous fut donné de vivre au village des vainqueurs... Trop de souvenirs, ici comme ailleurs. Pourtant, je ne me voyais vivre nulle part ailleurs. Pas parce que notre district avait été presque entièrement rasé et la majorité des habitants qui avaient fait leur retour vivait dans des ruines en attendant de pouvoir emménager dans une nouvelle maison flambant neuf, mais parce que Prim avait vécu là. Et aussi douloureux soit les souvenirs, ils étaient préférables à l'oubli.

Peeta me rejoignit avec deux assiettes, m'offrant l'une et gardant l'autre. Ce n'est qu'en voyant la nourriture que je me rendis compte d'à quel point j'étais affamé. Mon estomac gronda sa colère et son envie devant une si bonne préparation, resté trop longtemps dans la casserole alors qu'elle lui était destinée. Comme il l'annonça, Peeta avait déposé juste avec l'assiette un petit pain au fromage. Il savait que c'était mes préférés et que je ne pouvais y résister bien longtemps. C'est donc comme une affamé que j'avalais la moitié de l'assiette et la totalité du petit pain, avant de réaliser que j'étais la seule à manger. Peeta lui était figé, comme ailleurs, serrant entre ses doigts l'assiette qu'il aurait dû s'empresser de dévorer avec des heures à travailler à la boulangerie. C'était son tour. Son tour d'aller mal et le mien de le ramener, de tout faire pour le garder près de moi.

Sans réfléchir, je m'approchais un peu plus de lui, posant mon assiette à même le sol, sans chercher à atteindre la table basse qui se trouvait trop loin à mon goût. Puis je posai ma main sur son avant bras, caressant doucement sa peau du pouce, sans prononcer un mot, juste en le fixant, attendant qu'il me revienne ou qu'il agisse. Il pouvait me sauter à la gorge à n'importe quel moment, juste pour m'assassiner, moi l'horrible mutation génétique créée pour le tuer, pourtant, je restais là. Je m'en fichais que ça soit dangereux. Je savais que ça ne l'étais plus tellement pour moi. Les crises de ce genre, étaient devenues très rares. Généralement, c'était pour lui-même qu'il était dangereux, cherchant à me fuir pour ne pas me blesser, au risque de se faire mal par inattention. Moi, la plupart du temps, je ne craignais plus rien, pourtant, tout le monde continuait de s'inquiéter. Haymitch devenait fou lorsqu'il entrait dans une pièce et découvrait Peeta dans cet état et moi si proche de lui. Sae Boui-Boui plaquait violemment sa main sur sa bouche pour étouffer un gémissement d'inquiétude. Le docteur Aurelius me demandait de rester présente, mais à distance, pour le laisser s'en sortir seul, même s'il savait que je n'ignorais pas qu'il craignait plus pour moi que pour la capacité du jeune boulanger à se sortir seul de ses délires.

Après une éternité, il sembla revenir et commença à manger. Je lâchais donc son bras et reprenait ma propre assiette pour finir mon ragoût, froid tout comme le sien. Avalé la viande fut plus difficile dès lors, pourtant, je mis un point d'honneur à terminer mon assiette, avant de m'en débarrasser une nouvelle fois, pour me tourner vers Peeta. Me mettant à genou sur le canapé, je mis une main derrière sa nuque, l'autre contre sa joue, plongeant dans son regard, un léger sourire sur les lèvres. « Tu m'aimes. Réel. », dit-elle, le regard plongé dans l'océan bleu clair qui la brûlait. C'était niais, plus que romantique, mais c'était notre manière à nous de survivre, de nous aimer. Le jeu du « réel, pas réel », initié pour aider Peeta à démêler le vrai du fau était devenu vital pour nous, une aide indéniable, une chose que nous partagions, uniquement lui et moi, tous les autres « joueurs » étant morts ou partis vers d'autres districts. Alors oui, c'était niais. Mais c'était l'une des seules niaiseries que j'acceptais avec bonheur. « Je serais toujours là, avec toi. Réel. Tu ne me quitteras jamais. Réel. Je n'aurais pas assez d'une vie pour être digne de toi... » Je baissais les yeux, réalisant que c'était la première fois que je lui disais ouvertement cela, avec les mots, plutôt qu'avec des sous-entendus. « Réel. »

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« En regardant ma petite sœur, je me disais qu'elle avait hérité des plus belles qualités de la famille : le talent de guérisseuse de ma mère, le sang-froid de mon père, et ma combativité. Je voyais autre chose en elle, qui lui appartenait en propre. Cette capacité à démêler l'écheveau de l'existence et à voir les choses telles qu'elles le sont... Puis peu à peu, je fus bien obligée d'accepter ce que j'étais. Une fille gravement brûlée, qui n'avait pas d'ailes. Pas de flammes. Et plus de sœur. »

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MessageSujet: Re: Il y a surtout des jours sans. [Katniss] Dim 5 Aoû - 17:59

Le contact de la peau de Katniss sur ma nuque me fit frissonner de plaisir, comme à chaque fois qu'elle me touchait ou m'effleurait, et ce sur n'importe qu'elle partie de mon corps. Ce geste tendre me fit me sentir instantanément mieux, et mes yeux plongés dans les siens me procuraient d'autres sensations encore, mieux que le bien être, la douceur ou le simple plaisir. J'avais envie d'approcher mon visage du sien et de l'embrasser sans retenue, j'avais envie non pas de lui dire mais de lui montrer à quel point je l'aimai lorsqu'elle se mit à parler. Ses yeux n'étaient pas tristes, mais je vis qu'elle avait compris ce qu'il venait de se passer, peut-être mieux que moi d'ailleurs. Mon ragoût était froid lorsque je l'ai terminé, j'avais dû passer un petit moment ainsi, à lutter contre mes démons, et elle à me regarder sans pouvoir rien y faire.

Mes ses mots accentuèrent les sentiments de désir qui dansaient en moi depuis l'instant où elle avait placé ses mains sur ma nuque et sur ma joue. Elle rejouait le jeu du "réel, pas réel", pour moi, pour m'aider à aller mieux, parce-qu'elle m'aime. Réel. Sa première phrase, bien que j'en sois déjà persuadé me soulagea tout de même, sans raison pourtant. La seconde a toujours été vraie, et malgré mon état lors de mon arrivée au district Treize, je n'ai jamais voulu l'abandonner. Cependant je m'en voudrai toujours d'avoir eu l'envie et le geste de tenter de la tuer, elle qui a pourtant mon coeur tout entier entre ses mains. Mais sa dernière phrase me mis en colère, et d'un coup d'un seul, mon comportement changea du tout au tout. Les sourcils froncés, j'arrachai ses mains de mon visage, et me mis à respirer fort pour reprendre le contrôle de moi-même.

- Katniss, jamais plus... Jamais plus je ne veux t'entendre dire une chose pareille ! Jamais ! criai-je alors. Tu es digne de moi, oui, toi tu peux l'être parce-que je t'aime... continuais-je d'une voix qui s'était radoucie. Tu es Katniss, la fille que j'aime depuis toujours. Réel. ai-je fini, les yeux embués de larmes.

Je souffrais de savoir qu'elle pensait pareille chose, alors que moi je l'avais étranglée. Alors que je n'avais pas su rester celui que je voulais être pour elle, ce n'était pas à elle de penser cela. Alors, d'un geste tendre pour lui demander pardon de m'être emporté ainsi, je lui pris la main et la reposai contre ma joue, l'embrassant au passage, avant de mettre moi-même ma main contre sa joue. La regardant dans les yeux, admirant son doux visage, je me sentais mieux à présent, et j'aurai voulu que cet instant ne cesse jamais. Pourtant c'est bien moi qui mis fin à ce moment, approchant mon visage du sien et l'embrassant sans retenue, exactement comme j'en mourrai d'envie quelques minutes auparavant. Et passant mon autre main au bas de ses reins, je l'attirai tout contre moi, incapable de rompre moi-même ce baiser empli de toute la passion qui m'habitait en cet instant.

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Katniss Everdeen

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MessageSujet: Re: Il y a surtout des jours sans. [Katniss] Dim 12 Aoû - 12:07


Il y a surtout des jours sans.

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Il ne se le pardonnerait jamais. D'avoir manqué de me tuer. D'avoir tenté et souhaité me tuer, à une époque que j'aurais aimée n'être qu'une lointaine et vieille histoire sans plus aucune importance. Il s'en voudrait toujours, parce qu'il était Peeta. Il était MON Peeta. J'avais eu peur de l'avoir perdu pour toujours, mais j'avais eu tord. Mon Peeta avait fini par revenir, même s'il ne serait plus jamais vraiment celui de ses débuts. Mais après tout, qui l'était toujours ? Personne dans Panem et certainement pas moi. C'était donc bien mon Peeta et il s'en voudrait toute sa vie d'avoir un jour pensé à vouloir me tuer. Pourtant, pour moi, ça n'était rien. Parce que je regrettais tellement de choses, que je lui serais redevable pour tellement de choses, que j'avais tant de choses pour lesquelles je devais me racheter... et son désir de mort ? Il n'était même pas de sa faute. Peeta n'en était aucunement responsable. C'était le Capitole, et Snow, les coupables.

Avant que je n'ai eu le temps de me demander comment il allait prendre ma dernière affirmation et surtout la révélation qui en découlait, il m'attrapa les mains presque plus violemment pour les retirer de son visage. Mes doigts se crispèrent, même si je le laissais faire, attendant la sentence. Ses yeux bleus si plein d'amour et de désir jusqu'alors lançaient maintenant des éclairs à m'en faire pâlir, alors que le souvenir douloureux de mon cou lors de nos retrouvailles au 13 me glaça le sang pendant une seconde. « Katniss, jamais plus... Jamais plus je ne veux t'entendre dire une chose pareille ! Jamais ! », cracha-t-il presque, mon coeur se serrant toujours plus. Il m'estimait digne, digne de son amour, un amour inconditionnel qu'il m'avait donné depuis trop d'année sans rien recevoir en retour. Pourtant, c'était cela même, cette amour qu'il avait pour moi depuis toujours, qui me rendait si peu digne de lui. Il m'aimait et moi j'avais été trop idiote, trop aveugle pour me rendre compte d'à quel point il était mon homme idéal. Pourtant, autant qu'il ne pouvait me laisser dire ses mots, je ne pouvais tolérer qu'il me porte en si haute estime, après tout ce que je lui avais fait.

Ce feu ardent qui me prenait parfois en présence de Peeta prit naissance au creux de mon bas ventre, dès que ses lèvres touchèrent ma peau. Puis rapidement, ses lèvres trouvèrent les miennes et le feu devint un véritable incendie qui menaça de me submerger. Mes joues s'embrasèrent, ma peau se hérissa de millions de petits picotis et ma bouche quémanda ardemment que celle de Peeta ne s'écarte jamais. Répondre à ses baisers était simple. De plus en plus simple. Et ils éloignaient les rêves éveillés, la douleur et cette sensation de n'être plus rien pour personne. J'avais tant besoin de ça, de son amour, de ses baisers. Et sans prétention aucune, il avait besoin de moi. On avait besoin l'un de l'autre. On avait toujours été tellement meilleurs à deux.

Mes mains trouvèrent facilement le chemin jusqu'à ses cheveux, les agrippèrent, alors que mon corps tout entier se pressait contre celui du jeune boulanger, dans l'espoir que son étreinte me sauve, nous sauve de nos démons, trop présents aujourd'hui. Quand mon souffle fut bien trop court pour être tolérable, je m'écartais un peu de lui, collant mon front contre le sien. « Aussi sûrement que je ne le serais jamais à mes yeux, je le serais toujours aux tiens. Tu m'aimes avec tellement de dévotion... et je ne me pardonnerais jamais d'avoir été si longue à comprendre que je devais penser à toi avant de penser à moi... » J'embrassais à mon tour Peeta, avant de reposer mon front contre le siens. « Je compte juste passé le restant de mes nuits à te rendre tout ce que je te dois. » Et elle lui devait tellement. La vie, sa raison, cette étincelle légère d'espoir qui apparaissait parfois, au détour d'une conversation, d'un baiser passionné ou d'une nuit chaleureuse, cet instant de douceur malgré la violence de leur mauvaise journée,...

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« En regardant ma petite sœur, je me disais qu'elle avait hérité des plus belles qualités de la famille : le talent de guérisseuse de ma mère, le sang-froid de mon père, et ma combativité. Je voyais autre chose en elle, qui lui appartenait en propre. Cette capacité à démêler l'écheveau de l'existence et à voir les choses telles qu'elles le sont... Puis peu à peu, je fus bien obligée d'accepter ce que j'étais. Une fille gravement brûlée, qui n'avait pas d'ailes. Pas de flammes. Et plus de sœur. »

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MessageSujet: Re: Il y a surtout des jours sans. [Katniss] Lun 12 Nov - 19:31

Et j'étais là, assis sur ce canapé, luxueux pour un simple district comme le Douze, en tête à tête avec la femme qui hantait mes jours et mes nuits. Lui tenant toujours les mains, j'écoutai ses paroles avec attention, le son de sa voix m’apaisant bien plus que nulle autre chose au monde. Et puis les mots ne voulurent plus rien dire pour moi, ne sortait de sa bouche qu'une douce mélodie qui déclencha en moi cette sensation que j'aimai tant. J'avais besoin de sentir son corps contre le mien, de trouver ses lèvres, de toucher ses cheveux. Une ribambelle d'idées bien peu catholiques autant les unes que les autres se bousculèrent soudainement dans mon esprit. Peut-être était-ce sa dernière phrase qui me chamboulait. Toujours est-il que je ne me contrôlai plus.

_ Tu ne voudrais pas commencer maintenant, à me rendre ce que tu me dois ?... lui avais-je alors chuchoté au creux de l'oreille. Cela m'avait échappé, c'était comme si je n'avais plus aucun contrôle de mes actes ni de mes paroles. Je me sentais bouger, l'attraper, l'embrasser avec une fougue passionnée, et j'aimai ça.

Passant ma main dans ses cheveux, je l'embrassai comme si c'était la dernière fois que je le pouvais. Et puis, toujours sans vraiment me rendre compte de mes geste, mes mains descendirent un peu plus bas, dessinant les contours de son corps, avant d'arriver au bas de son chemisier où elles s'engouffrèrent. À ce moment là, je ne pensai pas à ce qu'elle puisse me repousser. Je profitai simplement de mon corps quémandant le sien, impatient.

Et puis je m'arrêtai, brusquement, reprenant mes esprits, je ne savais s'il était bien de continuer. Après tout, lorsque j'étais arrivé elle faisait une crise, et peu après ce fut mon tour. Était-il raisonnable d'aller plus loin cette nuit ? Je ne voulais pas la brusquer, risquer une nouvelle fois de la chambouler. Je voulais qu'elle soit heureuse, le reste m'importait peu. Alors oui, j'avais très envie de continuer, de remonter mes mains sous son chemisier, de caresser sa peau nue et bien plus encore. Mais si elle me repoussait, alors je n'en ferai rien. Étais-je encore une fois en train de débattre avec moi-même ? C'était bien possible. Mais cette fois-ci, réel ou non, j'avais juste envie d'en profiter le temps que cela durerait.

Mon coeur battait la chamade, ma respiration se faisait plus forte, le besoin plus pressant. Après avoir débattu avec moi-même, je luttai pour ne pas lui sauter dessus. Non, pas de revirement, je ne souhaitai pas l'étrangler à nouveau ni même la tuer de quelque manière que ce soit, simplement rassasier cette faim qui se faisait de plus en plus insupportable. Simplement succomber aux plaisirs de la chair avec la seule au monde capable de déclencher pareille frénésie en moi.

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Il y a surtout des jours sans. [Katniss]

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